Accéder au contenu principal

Dis Google... bonjour !

Entre gadget ridicule et espionnage au profit des GAFA, les assistants personnels comme Google Home ou Alexa d'Amazon déclenchent par leur nature et leur nouveauté une levée de boucliers. Et si ces assistants conçus pour la maison nous ouvraient aussi au monde ?


Un espionnage pas si nouveau

Si vous avez acquis Google Home – l’assistant personnel intelligent de Google pour la maison -, alors vous connaissez ce sentiment de solitude lorsque vos interlocuteurs, incontournablement, vous posent la question :

Mais… ça t’ennuie pas d’être espionné toute la journée ?

Cette question émane d’une rumeur populaire – fondée ou infondée, je ne sais pas – selon laquelle Google Home activerait ses micros en continu afin de capter tous les bruits de son environnement, indépendamment de son activation par la phrase magique « Dis Google » ou « OK Google ».

S'il est vrai que l'assistant enregistre tous les requêtes qu'on lui adresse vocalement, quelle est la différence avec les recherches réalisées dans le moteur Google ? A priori aucune, et pourtant celui-ci est pratiqué quotidiennement par les mêmes personnes qui vous posent la question fatidique de l'espionnage...


Au moment où un adulte sur cinq aux États-Unis possède une enceinte connectée, la question est de savoir ce que nous voulons faire de ce nouvel outil.

Normer les comportements

Comment se dépêtrer des usages normés qu'on nous impose par des biais plus ou moins directs : les interfaces utilisateur, les publicités, les articles spécialisés...

Car quand on aborde le sujet Google Home, tout est fait pour nous pousser aux requêtes superficielles : connaître la météo, programmer un minuteur, consulter son horoscope ou bien ajouter un article sur sa liste de courses. Pratique, mais pas révolutionnaire !




Une fonctionnalité, toutefois, attire mon attention : celle des actualités.

Google Home est connecté au réseau WiFi. Pour nous répondre, la borne intelligente réalise ses recherches en ligne ou bien se connecte à d’autres applications développées sur-mesure pour la communication verbale (un exemple : Monoprix).

Mais comment donner à entendre les actualités ? Tout simplement en utilisant le réseau de podcasts mis en ligne par les différentes radios.

Dans mon application dédiée, Google Home me propose « une routine » pour répondre à mon « Dis Google… bonjour ! ». Tout se passe dans l’onglet « Ma journée » dans lequel je peux paramétrer mes préférences : indiquer si je souhaite entendre la météo, mon temps de trajet, mes rendez-vous et mes rappels. Un peu à part, la dernière option me demande de choisir par quoi se termine le récapitulatif de ma journée :
J’aime particulièrement cette option « Rien de plus » qui me prévient à sa manière de tout ce que je pourrais manquer à la choisir.




Le discret rouage des Actualités m’emmène dans l’univers de ses sources. Dans la liste, qui s’étoffe de jour en jour, je retrouve les podcasts que j’écoute déjà, comme « Pop & Co » la chronique musicale journalière de Rebecca Manzoni. Les sources sont classées par thématique : je peux choisir des actualités liées à la Technologie ou à des événements ponctuels comme les Jeux Olympiques.






Le merveilleux surgit enfin par la liste déroulante : différents pays me sont proposés, basés sur 4 langues principales (allemand, anglais, français, japonais).




Pour la première fois, on me propose d’écouter tous les jours les actualités d’Inde, d’Afrique (via RFI) et du Japon. Les actualités australiennes me plaisent particulièrement car il s’agit d’une voix de synthèse qui lit les gros titres. J’ajoute à ma « routine » un journal anglais et une chronique américaine. Radio Canada est toujours de bon conseil. Et l’actualité allemande me donne l’occasion de réactiver quelques mots de vocabulaire.

J’ai enregistré une séquence lundi 12 février 2018 pour donner à entendre, rapidement, cet enchaînement :



Pour la première fois, via Google Home, mon horizon s’ouvre à une actualité internationale. J’aime entendre l’alternance des points de vue sur une même affaire… ou au contraire apprendre une nouvelle très locale qui ne sera relayée par aucun autre média dans le monde.

Des questions, encore 

Plusieurs questions essentielles demeurent : comment sont choisies les sources de podcasts ? Comment sont priorisées les langues ?

J'ai très envie d'écouter les médias brésiliens, mais comment faire pour les ajouter à ma routine matinale ? Malgré mes appels sur Twitter, je n'ai reçu aucun éclaircissement de la part des médias.




D'après mes recherches, cette section « podcasts » n'est pas liée à Google News, le recensement d'actualités de Google. Et si j'ai trouvé le moyen d'inscrire mon site web dans la liste des sources d'actualités, je n'ai trouvé aucune réponse concernant les fichiers audio comme les podcasts.

Alors que les actualités donnent la parole à une multitude d'autres voix (humaines ou de synthèse) à travers le monde, les réponses de Google Home en tant que tel me renvoient vers les Featured Snippets et met à jour une guerre du référencement qui est aujourd'hui bien visible dans la constellation des appareils connectés. La clé, c'est avoir son produit placé en Position Zéro, c'est-à-dire au-dessus de tous les autres résultats sur Google.


Quand je pose une question à Google, l'assistant personnel comme le moteur de recherche me livrent des réponses formatées, normalisées, prévisibles. Jusqu'à utiliser l'absurdité de ces réponses pour une performance entre IA.

Quand je demande à Google Home de me faire entendre les actualités, alors l'assistant personnel se met en retrait et passe la main aux médias.

Et vous, avez-vous des découvertes à partager ? Avez-vous hacké le comportement que Google attend de vous ?



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le lab : un espace à décliner

Lundi 13 novembre a eu lieu l'inauguration du labo NRV (Numérique Réalités Virtualités) : un espace dédié à l'art et au numérique. L'occasion de revenir sur le concept du lab à travers plusieurs exemples.

Mon IA idéale

Le développement d'intelligences artificielles (IA) va bon train. Parmi les produits prometteurs, on trouve l'assistant personnel avec toutes ses promesses d'omnipotence et d'efficacité. Mais au fait, ce serait quoi, votre IA idéale ?

Naturellement, parler à la machine

Lors de son intervention au Web à Québec 2017, Mat Velloso (Microsoft) insiste : non, il n'est pas nécessaire de parler à un robot de conversation alors qu'on peut tout simplement cliquer sur un bouton...