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Discrépances : la réalité dédoublée

Depuis 2010, Diego Ortiz travaille sur son projet Discrépances : ou comment relier les populations au territoire qu'elles habitent, via les nouvelles technologies. 



Un abonné lyonnais


Après avoir investi le CCO de Villeurbanne en 2012, Diego Ortiz a présenté son adaptation Discrépances DRAC pour les Journées du Patrimoine 2013.

N'ayant pas pu suivre le parcours CCO autour du thème de l'eau, c'est avec plaisir que je me suis rendue à la DRAC Rhône-Alpes pour découvrir enfin ce qu'est une balade poétique !

Oups! C'est technique.

Tablettes en rupture de stock, nécessité d'expliquer la prise en main de l'application, fausses manip... Je suis rassurée de noter les mêmes difficultés que celles rencontrées lors du Vitrailloscope !

Pour limiter les besoins en tablettes (de location), les organisateurs ont choisi de proposer deux casques audio pour chaque iPad. Une fausse bonne idée : les fils des casques pendent, s'entremêlent, nous tirent dans une direction...
Pourquoi ne pas miser sur une connexion sans fil de type Bluetooth ?



Point positif : l'ancien Smartphone du CCO est laissé de côté au profit de l'iPad mini. Avec sa taille et son poids réduits, c'est vraiment l'outil idéal pour une visite de ce type, qui dure une trentaine de minutes.
C'était également le parti pris du Vitrailloscope (tablettes Archos de 7 pouces).

Nivellement par le bas

C'est parti ! ... Un pied devant l'autre, une marche après l'autre, péniblement, nous montons au premier étage...
On nous a prévenu à l'accueil : le rythme de la marche est volontairement lent pour permettre à tous de le suivre. Avec le risque de décrocher de l'histoire à tout moment, surtout quand elle est fondée sur la seule poursuite d'une silhouette féminine.



Pour passer le temps, impossible de naviguer dans l'application. Elle se constitue de vidéos qui s'enchaînent, avec pour seules interactions la pause ou le saut de l'une à l'autre.
Entre deux séquences, un passage en mode caméra nous demande de flasher une photo accrochée dans un couloir.

Une image à flasher


Ces incursions dans le temps réel cherchent à donner l'impression d'une réalité augmentée.
En fait, le trouble repose sur deux principes : la ressemblance (et la différence simultanée) des lieux virtuels / physiques et le travail sonore, exceptionnel.

Arrivent les fantômes

Voici ce qui vaut l'expérience : sursauter en entendant une porte claquer et se demander s'il s'agit de la vidéo ou du réel, si quelqu'un ne vient pas de traverser le couloir, s'il y a vraiment une telle résonance dans cette pièce, et retirer son casque pour distinguer le vrai du faux.



Il y a véritablement dédoublement de la réalité : des formes apparaissent devant nous, on croirait se mouvoir parmi les fantômes d'un bâtiment qui possède toute une âme.

L'immersion est d'autant plus prenante quand l'odeur s'en mêle... Anecdote de la visite : un projecteur se consumant lentement me laissa douter quant à la possibilité de la tablette à diffuser des senteurs.

Une fois passée la nouveauté ?

On ressort de la visite un peu déçu par une visite plutôt pauvre en contenu, mais troublé par la curiosité du dispositif. Au delà de l'onirisme un peu facile, Diego Ortiz va-t-il développer une narration ?

Espérons qu'il continue à nous faire voir des fantômes...

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